SOUNDGARDEN – Superunknown (1994) (grunge rock)

3 janvier 2016

Albums cultes

20140416-soundgarden-x600-1397685357

 

Le grunge est un courant musical trouvant ses origines à Seattle vers la fin des années 80, qui rencontra un succès commercial par le biais de groupes tels que Nirvana, Pearl Jam, Alice in Chains ou encore Soundgarden. Surtout, ce style prit le relai d’un heavy metal ou hard rock s’essoufflant un peu. Alors est ce le succès commercial du Grunge qui provoqua cet essoufflement ou si le heavy metal était déjà sur une pente descendante à ce moment là ? Si on prend les groupes phares de cette période on peut constater que certains commençaient fortement à ramer. Prenons l’exemple d’Iron Maiden avec leur très mauvais No Prayer For the Dying sorti en 1988, ou un Fear of The Dark guère meilleur (malgré quelques bons titres) sorti en 1992. Malheureusement les britanniques n’étaient pas les seuls à connaitre une traversée du désert.

Du coup, normal que les labels s’engouffrèrent joyeusement dans ce courant, qui malgré son minimalisme, apportait de la nouveauté. Tous ces paramètres réunis firent que ce genre musical connut un immense succès commercial. On commença alors à voir fleurir des t-shirt de partout, surtout de Nirvana, on en parlait à la Tv, et pendant ce temps, en Europe, le metal extrême apparaissait tranquillement. Mais ce qui fit ce succès était également ce coté désabusé, violent textuellement, qui semblait coller à l’adolescence, et fasciner ces jeunes, au point de vouer une admiration sans faille à cet artiste mal dans sa peau qu’était Kurt Cobain. Mais pas la peine de chercher une quelconque qualité technique. Au contraire, la fin des concerts n’était que destruction des instruments. Risible.

 

Mais heureusement, certains groupes cherchèrent à aller plus loin. Soundgarden en fit d’ailleurs partie. Pourtant cet album vit le jour en 1994, alors que Nirvana était au sommet de sa gloire, bien aidé (malheureusement) par le suicide de son leader. Car oui, c’est à ce moment là que l’on vit encore plus fleurir des t-shirt nirvana, ou portant l’effigie de Kurt Cobain, bref, Nirvana était le plus gros succès commercial de cette époque chez les jeunes. Pourtant, à part un Nervermind (1991) formaté au possible, rien de bien grandiose. C’est à donc à ce moment que Soundgarden décida de jeter son pavé dans la marre, et quel pavé ! Ce qu’il faut déjà savoir c’est que « Superunknown » se vendit à plus de 5 millions d’exemplaires, qui mit le groupe en première place des ventes aux US. Oui mais cet album n’est pas le premier coup d’essai des américains, « badmotorfinger » était déjà passé par là trois ans auparavant, élevant alors le grunge à un haut niveau musical. « Superunknown » est la si difficile confirmation, le 2e album qui prouve si le groupe est bon ou pas. Dans la plus totale continuité le groupe prouva donc ses qualités, et alla même encore plus loin, une prise de risque appelé « black hole sun », un genre de balade, finalement assez contraire à l’ensemble du grunge de ces années là. Finalement, Soundgarden s’éloigne donc de ces carcans et signe des chansons assez rock dans l’esprit, mais surtout techniquement parlant plutôt travaillées. Le titre « spoonman » en est d’ailleurs l’exemple. Un son soigné, une basse omniprésente, et surtout le chant reconnaissable entre mille de Chris Cornell. Il était déjà irréprochable sur leur premier album, mais monte d’un cran ici. Cependant si Spoonman montre un tempo assez rapide, l’album se veut globalement plus sombre et plus lent. La totalité des titres est bourrée de feeling, et les musiciens en veulent.

 

Finalement ce disque fait partie des incontournables du grunge. Mais il s’agit d’une confirmation, la confirmation d’un groupe bourré de talent possédant un frontman (Chris Cornell) charismatique, tant en studio qu’en live, avec un timbre de voix exceptionnel. Un succès commercial justifié en somme. Mais l’univers de la musique évolue très vite. Malheureusement Soundgarden se sépara trop vite (en 1997), et les US furent le théâtre de l’avènement d’un autre courant : le néo metal, par le biais de groupes comme Korn ou Deftones. Bref, on ne peut pas dire que le grunge mourra avec Cobain, mais une scène qui fut de moins en moins médiatisée, contrairement au neo metal, qui fut la priorité des majors de l’époque. Et nous, pendant ce temps là, en Europe, on assistait à l’évolution du metal extreme notamment le black metal, et un second souffle pour le heavy metal.

 

Après une carrière « solo » en dents de scie, notamment avec la formation Audioslave, Chris Cornell accepta finalement, en 2009, de reformer Soundgarden. Un nouvel album vit le jour en 2012, loin d’être déplaisant, bien au contraire.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Culture Coréenne |
Angelhaze |
Lamezzanine |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Yourmusique
| La Ménestrandie
| Infinite Sounds