VERVE (The) – A Storm in Heaven (1993) (shoegaze/space rock)

11 janvier 2016

Albums cultes

verve-storm-in-heaven1_1384102908 Le shoegaze est un style musical sorti au cours des années 80, qui doit son appellation au fait que les musiciens passaient plus de temps à regarder leurs chaussures afin d’user d’effets divers sur leurs pédales de guitares qu’à faire le show avec leur public, et aussi du côté planant de ce sous genre.

The Verve est un groupe britannique qui alluma les charts européens à la fin des années 90 avec notamment les tubes « bitter sweet symphony » ou « lucky man » qui passèrent en boucle sur les chaînes musicales mais aussi à la radio, même en France. Ces morceaux, faisant partie du très bon disque « urban hymns » respiraient la britpop et offraient un certain bol d’air frais au milieu des productions d’un certain Oasis. Pourtant tout cela n’était pas le premier coup d’essai des britanniques. En écoutant leur première réalisation jamais nous n’aurions pu imaginer ce que ferait le groupe seulement 4 années plus tard, à savoir un changement radical de style. Oui, car vous l’aurez compris, A Storm in Heaven, qui est le premier album du groupe, offre quelque chose de totalement différent et déroutant si vous avez découvert le groupe avec l’album Urban Hymns. Il serait même possible d’aller jusqu’à dire que la surprise est sidérante. Pas de pop, mais un rock psyché hallucinant mêlé de shoegaze dans les effets. En somme, du vrai space rock. D’ailleurs, vous ne serez pas surpris d’apprendre que ce groupe a toujours été assez « drugs, sex and rock n roll » et on sent cela à plein nez sur cet album. C’est aérien, planant, barré, mystérieux, mystique, agrémenté d’un son exceptionnel. D’ailleurs,  l’influence pink floydienne se fait parfois ressentir au niveau de l’ambiance, mais musicalement l’ombre des groupes shoegazing de l’époque est très présente, ce qui rend l’ensemble original et accrocheur. Par contre, il est plus que nécessaire de s’attarder sur la prestation de Richard Aschcroft, qui, s’il a été immense sur « urban hymns » l’est tout autant sur cet album. Ce chanteur est absolument hors normes, et s’il ne pousse pas sur son chant, plutôt lancinant ici, il montre surtout un charisme certain, qui se prouvera quelques années plus tard. Le mec est barré, cela se sent, il ne tourne pas qu’à la clope, mais où est le problème après tout ? Il est cependant tout de même bien aidé par des musiciens largement à la hauteur.

Au final on tient ici un chef d’oeuvre, une perle, une oeuvre totalement planante et variée. D’ailleurs un seul exemple suffit à le prouver, le morceau « the sun the sea » qui offre un final grandiose fait d’un rock mélangé à un saxophone complètement fou. Varié, grandiose, intemporel, surprenant, accrocheur, tels sont les superlatifs qui conviennent le mieux à ce premier album des britanniques. Même s’ils rencontrèrent ultérieurement un succès commercial retentissant, avec des titres bien plus accessibles, ils pourront éternellement se vanter d’avoir donné vie à un tel bijou, ce qui n’est pas rien. Ils auront réussi dans deux genres différents, ce qui n’est pas rien non plus. En tout cas, vous n’avez plus qu’à plonger dans cet univers qui respire la drogue, mais vous n’en ressortirez probablement pas indemnes.

A noter qu’à l’époque le groupe ne s’appelait pas encore The Verve, mais tout simplement Verve.

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